04 mars 2005

Comme quoi, parfois, la vie.

Ceci est un texte de remerciement (pas tout à fait celui que j'aurais déclamé au Théâtre du Châtelet si j'avais eu un César, mais bon, je n'étais même pas nommé (oui, on dit "nommé" maintenant, on ne dit plus "nominé". Moi j'aimais bien "nominé")) de toute façon. Je suis un incompris.

Il y a quelques semaines, j'ai reçu un formulaire de réabonnement au magazine "Technikart".

J'aime beaucoup "Technikart". Ceux qui me connaissent savent avec quel déchirement j'ai fini par renoncer à la lecture des Inrockuptibles (un magazine qui m'a quasiment élevé). Et justement j'avais retrouvé dans Technikart une hargne, une attitude, une soif de penser le monde dans lequel j'ai le sentiment de vivre, et en particulier dans sa sphère "culturelle" (guillemets d'élargissement, pas guillemets de mépris). Et même s'il y a relativement souvent des articles dont l'argument de base me semble être un vaste foutage de gueule (et attention, j'ai commencé à le lire régulièrement quand je vivais en province, donc rien à voir avec le quelconque parisianisme-du-nord qu'on leur reproche souvent), il y a toujours au moins un ou deux articles où je me dis : "C'est ça. Il a raison. Je pensais exactement la même chose sans réussir à le formuler aussi précisément". (Par ailleurs, je suis également souvent en accord avec leurs enthousiasmes cinéphiles et musicaux.)

Ainsi, je suis très bien caricaturé dans l'article "Jamais punk après 22h00" du numéro de ce mois-ci.
Vous me direz, l'auteur en est un certain Patrick Sabatier, qui si je ne m'abuse officiait autrefois aux "Inrockuptibles". (Ou alors les journalistes n'ont vraiment aucune imagination en matière de pseudo) Passons.

Bref. Je reçois ce formulaire de réabonnement, qui m'invite à envoyer un nouveau chèque le plus rapidement possible, sans quoi non seulement j'aurai à aller jusqu'au kiosque à journaux qui se trouve être sur le chemin vers la station de métro dans laquelle je dois aller cinq jours par semaine pour me rendre au travail, mais en plus je ne profiterai pas des nombreux cadeaux, pass, invits, avantages divers et variés dont bénéficie, en totale impunité, l'heureuse communauté des abonnés.

Alors là je lève un sourcil.

Depuis un an que je suis abonné à Technikart, le seul "cadeau" que j'aie jamais reçu d'eux sont, dans le cadre d'une opération promotionnelle, deux numéros de "Digital Art" (ou un truc comme ça), pure revue de nerd ayant toujours rêvé d'être développeur à Pixar tout en étant chargé d'études à la Société Générale.
C'est dire si je faisais partie du public visé.

Du coup, comme j'avais de toutes façons l'intention de continuer à lire fidèlement Technikart chaque mois, j'ai renvoyé un chèque, décoré d'un petit post-it sur lequel j'avais potachement gribouillé que je me réabonnais par attachement au magazine, mais que j'avais bien ri en lisant le petit texte à propos des soi-disant cadeaux aux abonnés.

Plus d'un mois passe. Paris se couvre de neige.

Et puis je reçois aujourd'hui un paquet, contenant une lettre de Technikart, m'expliquant que d'une part ils me remercient de m'être réabonné (tout le plaisir est pour moi) et que, d'autre part, si je n'ai jamais bénéficié d'aucun avantage lié à mon statut d'abonné, c'est parce que je ne me suis pas inscrit sur la mailing-liste qu'il faut, et qu'ils sont désolés de ce malentendu, et que du coup, comme ça, hyper gentiment, ils m'offrent le DVD du film "Le convoyeur".

Comme ça.
En précisant à la fin que c'est parce qu'ils veulent pas qu'on puisse dire que c'est des menteurs.
Trop la classe.

En plus j'avais trouvé ça vachement bien, "Le convoyeur". Je suis hyper content d'avoir le DVD. Merci, vraiment.

Ce qui me ramène à ce billet de réaction à chaud que me réclament mes copains sur le palmarès des César. Le problème, c'est que je n'ai pas vu "L'esquive". (Ce qui n'empêche que "Rois et reine", merde !). Mais ce que je peux dire, quand même, c'est que les non-nominations (et toc !) du "Convoyeur", ça c'était déjà un scandale.

Posté par yossarian à 00:35 - Commentaires [2] - Permalien [#]


Commentaires sur Comme quoi, parfois, la vie.

    Le seul moment de joie chez les Fridolins comme dirait notre ami Menantouch' fut quand Mathieu Amalric fut consacre enfin nomine non nomme.

    Quant a l'esquive, les critiques du magazin underground berlinois (Technikart c'est de la gnognote a cote) trouve que cela ne vaut pas autant de cesars.

    Posté par falerich, 04 mars 2005 à 13:54 | | Répondre
  • Moi...

    j'en sais rien et je ne lis plus ni les Inrocks ni Technikart mais j'aime bien ton billet.

    D'ailleurs j'suis abonné...
    ... gratuit...

    Posté par stephguer, 07 mars 2005 à 18:31 | | Répondre
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