Partistare

Vous aurez au moins appris quelque chose aujourd'hui.

06 mars 2005

Cinéma !

Il faut savoir se faire plaisir, de temps en temps.
Et pour moi, "se faire plaisir" ne signifie pas forcément ce à quoi vous pensez (bande de petits obsédés), mais plus boboïstiquement aller à la FNAC faire une razzia de DVDs en profitant des bons-cadeau de 3 euros échangés contre nos vieilles cassettes pré-enregistrées. (Adieu "Les ensorcelés", "La nuit du chasseur", "Huit et demi" et le "Rocky Horror Picture Show"). (Evidemment, ces bons ne sont pas valables pour les DVD encore en prix vert. Ils sont pas stupides non plus, à la FNAC.)

Résultat des courses :
"Les affranchis" en édition collector. Je me souviens d'une comparaison assez juste à l'époque, il me semble que c'était dans les Cahiers du Cinéma, qui comparait l'effet du film de Scorsese sur les spectateurs à celui d'un rail de coke (à l'image des dernières vingt minutes du film, avec cette voix-off frénétique qui raconte avec la même intensité la préparation d'une sauce tomate, l'apparition d'un hélicoptère du F.B.I. et la livraison d'un paquet de cocaïne). Mon film préféré de Scorsese. Pour une fois, l'expression favorite des critiques américains ("A rollercoaster ride that'll keep you on the edge of your seat. Two thumbs up !") parfaitement justifiée.

"Il était une fois dans l'Ouest", édition collector. Je ne l'ai pas revu depuis la première fois, quand j'étais gamin. Quasi-certain d'adorer une nouvelle fois.

"Bottle Rocket", le premier film de Wes Anderson, avant "Rushmore", "La famille Tennenbaum" et "La vie quatique" qui sort ces jours-ci. Déjà co-écrit et interprété par Owen "Hansel - he's so hot right now" Wilson, jamais vu mais classé par Scorsese parmi ses dix films préférés des années 90 (la vieille classe).

"Nelly et M. Arnaud" de Claude Sautet. Un de mes dix films français préférés des années 90 (ma liste à moi est malheureusement moins célèbre que celle de Scorsese). Un film qui parle du désir et de la vieillesse avec une élégance ahurissante. Serrault est magnifique, et Béart, qui ne jouait pas encore comme une paire de lèvres, n'a jamais été meilleure.

"Le fils", des frères Dardenne. Gigantesque claque lorsque je l'avais vu à sa sortie. Mon film préféré de 2002. Pas certain d'avoir envie de me le mater tous les trois jours, mais ça valait le coup de prendre le risque.

"La comtesse aux pieds nus" de Mankiewicz. Dans le cadre de mes bonnes résolutions pour 2005.

"Le procès" d'Orson Welles et "Le troisième homme" de Carol Reed. Jamais vu le premier et vague souvenir du second, mais j'étais in the mood for classics (et puis ni "Laura", ni "Les ensorcelés" n'existent encore en DVD).

"Les tontons flingueurs", de Georges Lautner. Celui-ci, c'était un cadeau pour Celle-dont-on-ne-prononce-pas-le-nom, parce qu'honnêtement, je fais partie de ces gens que l'on regarde comme des bêtes curieuses lorsqu'ils avouent, au détour d'un dîner en ville, que personnellement ça ne les a jamais fait rire. (Vous voyez, vous faites pareil. Mais j'y peux rien, moi "Les tontons flingueurs", j'ai essayé trois ou quatre fois de le regarder en entier, et à chauqe fois je me suis profondément emmerdé. )

Et, petite faiblesse coupable, le double DVD des "Messages à caractère informatif", parce que toutes ces moustaches et ces cravates, ça me fait beaucoup rire.

Voilà qui annonce donc un bon dimanche de films sans salle.
...
("Un bon dimanche de films sans salle". Calembour ! Oui, il vient de loin, et c'est pour ça que je l'aime bien.)

Posté par yossarian à 15:36 - Commentaires [3] - Rétroliens [0] - Permalien [#]


04 mars 2005

Comme quoi, parfois, la vie.

Ceci est un texte de remerciement (pas tout à fait celui que j'aurais déclamé au Théâtre du Châtelet si j'avais eu un César, mais bon, je n'étais même pas nommé (oui, on dit "nommé" maintenant, on ne dit plus "nominé". Moi j'aimais bien "nominé")) de toute façon. Je suis un incompris.

Il y a quelques semaines, j'ai reçu un formulaire de réabonnement au magazine "Technikart".

J'aime beaucoup "Technikart". Ceux qui me connaissent savent avec quel déchirement j'ai fini par renoncer à la lecture des Inrockuptibles (un magazine qui m'a quasiment élevé). Et justement j'avais retrouvé dans Technikart une hargne, une attitude, une soif de penser le monde dans lequel j'ai le sentiment de vivre, et en particulier dans sa sphère "culturelle" (guillemets d'élargissement, pas guillemets de mépris). Et même s'il y a relativement souvent des articles dont l'argument de base me semble être un vaste foutage de gueule (et attention, j'ai commencé à le lire régulièrement quand je vivais en province, donc rien à voir avec le quelconque parisianisme-du-nord qu'on leur reproche souvent), il y a toujours au moins un ou deux articles où je me dis : "C'est ça. Il a raison. Je pensais exactement la même chose sans réussir à le formuler aussi précisément". (Par ailleurs, je suis également souvent en accord avec leurs enthousiasmes cinéphiles et musicaux.)

Ainsi, je suis très bien caricaturé dans l'article "Jamais punk après 22h00" du numéro de ce mois-ci.
Vous me direz, l'auteur en est un certain Patrick Sabatier, qui si je ne m'abuse officiait autrefois aux "Inrockuptibles". (Ou alors les journalistes n'ont vraiment aucune imagination en matière de pseudo) Passons.

Bref. Je reçois ce formulaire de réabonnement, qui m'invite à envoyer un nouveau chèque le plus rapidement possible, sans quoi non seulement j'aurai à aller jusqu'au kiosque à journaux qui se trouve être sur le chemin vers la station de métro dans laquelle je dois aller cinq jours par semaine pour me rendre au travail, mais en plus je ne profiterai pas des nombreux cadeaux, pass, invits, avantages divers et variés dont bénéficie, en totale impunité, l'heureuse communauté des abonnés.

Alors là je lève un sourcil.

Depuis un an que je suis abonné à Technikart, le seul "cadeau" que j'aie jamais reçu d'eux sont, dans le cadre d'une opération promotionnelle, deux numéros de "Digital Art" (ou un truc comme ça), pure revue de nerd ayant toujours rêvé d'être développeur à Pixar tout en étant chargé d'études à la Société Générale.
C'est dire si je faisais partie du public visé.

Du coup, comme j'avais de toutes façons l'intention de continuer à lire fidèlement Technikart chaque mois, j'ai renvoyé un chèque, décoré d'un petit post-it sur lequel j'avais potachement gribouillé que je me réabonnais par attachement au magazine, mais que j'avais bien ri en lisant le petit texte à propos des soi-disant cadeaux aux abonnés.

Plus d'un mois passe. Paris se couvre de neige.

Et puis je reçois aujourd'hui un paquet, contenant une lettre de Technikart, m'expliquant que d'une part ils me remercient de m'être réabonné (tout le plaisir est pour moi) et que, d'autre part, si je n'ai jamais bénéficié d'aucun avantage lié à mon statut d'abonné, c'est parce que je ne me suis pas inscrit sur la mailing-liste qu'il faut, et qu'ils sont désolés de ce malentendu, et que du coup, comme ça, hyper gentiment, ils m'offrent le DVD du film "Le convoyeur".

Comme ça.
En précisant à la fin que c'est parce qu'ils veulent pas qu'on puisse dire que c'est des menteurs.
Trop la classe.

En plus j'avais trouvé ça vachement bien, "Le convoyeur". Je suis hyper content d'avoir le DVD. Merci, vraiment.

Ce qui me ramène à ce billet de réaction à chaud que me réclament mes copains sur le palmarès des César. Le problème, c'est que je n'ai pas vu "L'esquive". (Ce qui n'empêche que "Rois et reine", merde !). Mais ce que je peux dire, quand même, c'est que les non-nominations (et toc !) du "Convoyeur", ça c'était déjà un scandale.

Posté par yossarian à 00:35 - Commentaires [2] - Rétroliens [0] - Permalien [#]
« Accueil  1