20 janvier 2005
Le petit trou du Docteur Philipp
En France, tout le monde a deux métiers : le sien et critique de cinéma.
François Truffaut

Hier soir, j'ai forcé Celle-on-on-ne-prononce-pas-le-nom (c'est la
jeune femme qui partage ma vie) à regarder avec moi à la télévision un
film que j'avais loupé en salle cette année : Qui a tué Bambi ?
(premier film de Gilles Marchand, scénariste auparavant du "Harry, un
ami qui vous veut du bien" de Dominik Moll (d'ailleurs crédité au
générique comme "conseiller à la mise en scène") sélection Française à
Cannes en 2003, zéro prix, les critiques de l'époque l'avaient dans mon
souvenir surtout taxé d' "hommage Hitchcokien scolaire et un peu
longuet". (je synthétise – quand je commence à parler comme ça, Le
Gourou et Jean-Jean disent que je suis passé en mode CD-Rom. Mais c'est
plus fort que moi.)).
Hé bien j'ai beaucoup aimé, "Qui a tué Bambi ?".
Alors de quoi s'agit-il ? C'est l'histoire (rappelons-nous qu'Howard
Hawks ou John Ford disaient : "Un bon film, c'est trois ingrédients :
une bonne histoire, une bonne histoire, et une bonne histoire." (Quelle
bande de vieux radoteurs, ces deux-là.)) d'une jeune fille qui fait un
stage d'infirmière dans un hôpital, et qui soupçonne bientôt un
médecin, le mystérieux docteur Philipp (Laurent Lucas) de droguer ses
patientes la nuit pour les violer. Et "Bambi", c'est le surnom que
donne à cette jeune infirmière, jouée par Sophie Quinton, le docteur
Philipp, justement, parce que lors de leur première rencontre, elle a
un malaise et s'évanouit.
- Vous vous appelez Bambi. Parce que, comme lui, vous ne tenez pas sur vos jambes. (Bon, ça rend mieux quand c'est Laurent Lucas qui le dit.)
Il y a plein de choses intéressantes, dans ce film, à l'atmosphère
effectivement très Hitchcockienne (référence directe – facile - à la
scène de "Soupçons" où Cary Grant monte un verre de lait à sa femme).
En particulier son côté très "film de scénariste".
Car "Qui a tué Bambi ?" est ce que j'appelle un "film de scénariste".
Alors qu'est-ce qu'un film de scénariste, demanderont certains d'entre
vous (les autres ont intérêt à arrêter de lire parce que je ne vais
parler que de ça).
Un film de scénariste, c'est un film
(généralement un "premier") réalisé par un type qui auparavant était
scénariste (autre exemple : "Hypnose" de David Koepp).
Certes.
(Les petits malins qui ont répondu ça feraient bien de partir aussi,
parce que c'est pas avec une classe comme celle-ci qu'on va terminer le
programme d'ici juin, c'est moi qui vous le dit.)
Certes, mais encore ?
Il y a plusieurs choses qui caractérisent ce que j'appelle un "film de
scénariste", et qu'on retrouve dans "Qui a tué Bambi ?" :
- une
mise en scène léchée, précise, ici "à la Kubrick". Et surtout
entièrement pensée autour du scénario (il y a des critiques, chez
Chronicart, par exemple, qui vous diront qu'ils préfèrent les films
dont la mise en scène va contre le scénario. Moi, dans ces cas-là, je
vide mon verre, je me lève, je dis à
Celle-dont-on-ne-prononce-pas-le-nom d'aller chercher ses affaires et
nous partons.). Pas un plan qui dépasse, pas un mouvement de caméra qui
ne serve l'histoire. On peut trouver ça un peu mécanique, mais là, en
l'occurrence, c'est vraiment réussi.
- une construction rigoureuse,
si possible à tiroirs (le réalisateur était scénariste, mettons-nous à
sa place : le jour où votre boulanger vous invite à dîner, la moindre
des choses c'est que le pain soit bon). En l'occurrence ici, ce qui m'a
bien plu, et même si l'intrigue en elle-même n'est pas franchement
époustouflante, c'est que pendant tout le film on a l'impression d'être
dans un film à twist, pendant tout le film on s'attend à un
retournement de situation final complet, et pourtant non (c'est ça, le
twist). Gilles Laurent joue d'ailleurs avec ça, puisque nous voyons
ce que fait Laurent Lucas, il y a assez peu de doute quant à la nature
de ses agissements, et pourtant le personnage comme son discours ("...
Véronique est morte, je l'ai tuée." "- ... pas vrai !" "- Vous avez
raison, c'est pas vrai.") maintiennent l'ambiguïté jusqu'au bout
(Laurent Lucas est génial). A tel point que jusqu'à la fin je me suis
demandé s'il n'y avait pas une autre explication, et si effectivement,
Isabelle/Bambi n'avait pas une imagination galopante.
- des
"scènes" marquantes. Ici, celle dite "du rêve" (à double titre puisqu'à
ce moment-là du film, Bambi pourrait très bien être en train de rêver –
elle a pris un somnifère dans la scène d'avant) : lors d'une fête
d'internat, Bambi se retrouve entourée de ses copines qui lui disent en
pouffant que le docteur Philipp a fait un rêve, et qu'il doit
absolument lui raconter. Celui-ci fait mine d'être embarrassé et finit
par plutôt proposer à Bambi d'essayer de deviner le contenu de ce rêve,
en ne posant que des questions auxquelles il répondra par oui ou par
non.
Celle-ci s'exécute timidement (performance incroyable de
Sophie Quinton, vraie révélation du film) et lui pose des questions,
révélant petit à petit qu'il s'agit d'un rêve érotique (gêne), qu'il a
rêvé d'elle avec lui (ricanements des copines), dans une forêt, l'un
contre l'autre...
Mais alors qu'elle creuse les contours du rêve,
le docteur Philipp lui révèle tout-à-coup qu'il s'agit d'un jeu, qu'il
n'y a pas de rêve, qu'il répond par "oui" quand la question se termine
par une voyelle, par "non" quand c'est par une consonne ("-C'est un
rêve érotique ? – Oui."). Ses copines éclatent de rire, et Bambi rougit
parce que c'est son fantasme qu'elle vient de révéler. (J'ai trop envie
d'essayer ça sur quelqu'un.)
- le jeu avec quelques conventions
scénaristiques usées du genre "thriller". Par exemple la scène où
Bambi, en pleine nuit, va fouiller le bureau du docteur Philipp. Elle
ouvre la porte avec un double des clés, pénètre dans la pièce sans
allumer la lumière, et referme la porte derrière elle à clé.
Dans n'importe quel autre film du même genre, l'héroïne ne verrouillera
pas la porte et n'entendra pas le méchant arriver dans son dos tandis
qu'elle fouillera dans les tiroirs ! Ou l'absence de toute musique
tonitruante lors des apparitions "surprises" du docteur (à la fin, dans
le jardin de l'hôpital, quand Bambi est avec Sami). Ou bien : comment
échapper à quelqu'un qui vous a kidnappé et vous emmène en voiture vers
une destination qui risque bien d'être finale dans tous les sens du
terme ? En le mordant pour que la voiture ait un accident (on se
demande pourquoi on n'y pense pas).
Mais il y a aussi un truc
qu'on ne trouve pas forcément dans un film de scénariste, c'est une
putain de vraie révélation d'actrice. Sophie Quinton. Je ne comprends
pas qu'elle n'ait pas l'air d'avoir fait grand chose depuis, mais si
elle n'a pas le César du meilleur jeune espoir féminin cette année je
quitte ce pays (pareil pour Amalric meilleur acteur pour "Rois et
reine" d'ailleurs). Elle est incroyable.
Et pour finir, afin
de vérifier l'intuition que j'avais que je venais de voir un vraiment
bon film, j'ai procédé à mon petit test habituel : je suis allé voir ce
qu'en avaient pensé les petits génies de Chronicart.
Et là, bingo (ce truc est vraiment infaillible).
Ils avaient détesté.
17 janvier 2005
Pardon Pierre Arditi

Je tiens d'ores et déjà à apporter un démenti cinglant aux rumeurs qui commencent à circuler dans la presse internationale.
Voyez-vous, samedi, j'ai organisé une petite fête pour mon anniversaire
(non, c'est gentil, merci). J'ai comme qui dirait sacrifié à cette
vieille coutume ancestrale qui vous fait boire du champagne avec vos
amis (j'imagine que ça doit remonter à l'invention du champagne,
d'ailleurs) tout en vous trémoussant sur de la musique techno
(comme ils disent) tout ça pour oublier cette vision des fesses nues de
Pierre Arditi, dans le dernier film de Claude Berri, et cette idée
obsédante qu'un jour vous aurez les mêmes (no offense to Pierre
Arditi). C'est pas non plus que j'aie un petit cul de Brésilienne, mais
enfin quand même.
Et puis je ne voudrais pas donner l'impression d'être amer, j'ai eu
plein de jolis cadeaux. Dédé Champagne m'a offert une veste absolument
terrible (Oui, alors je ne l'ai pas dit, mais Dédé Champagne, j'ai
trouvé que c'était mieux que "A." – ou que les propositions faites par
certain visiteur (no offense again – Seigneur, ce blog va me brouiller
avec la terre entière).), j'ai eu "Lost in Translation" et "Monty
Python Sacré Graal" en DVD, le premier album des Libertines, le
deuxième de The Coral, et des nouveaux livres sur le métier d'éditeur
(souvenez-vous). (Je fais cette petite liste pour ceux qui auraient
encore l'intention de m'offrir des cadeaux pour mon anniversaire,
qu'ils m'offrent pas un truc que j'ai déjà. C'est pour rendre service :
on a toujours l'air un peu cruche quand on offre quelque chose à
quelqu'un qui l'a déjà. Moi c'est pour vous ; je suis pas obligé.)
C'était une très bonne soirée, comme ne suffit pas à en témoigner la
jolie photo ci-dessus, les gens étaient beaux et gentils et je voudrais
dans l'anonymat du cyber monde les remercier d'être venus (je ne suis
pas trop le genre à montrer mes émotions. C'est mon côté vieux loup de
mer.).
Mais je voudrais donc aussi d'ores et déjà, comme je le disais en
introduction, faire la déclaration suivante à propos de cette soirée :
personne, je dis bien absolument personne, n'était déguisé en nazi.
D'ailleurs le Prince Harry n'était même pas invité. (La dernière fois il avait vomi partout.)
14 janvier 2005
You only live twice
Live and don't learn, that's my motto.
Calvin
Suis-je donc le
seul à avoir remarqué combien, depuis quelques années, les titres des
films de James Bond ne veulent absolument rien dire ? (et pourtant les
gens continuent à vaquer à leurs occupations comme si de rien n'était –
moi, ça me sidère.)
Je veux dire : "Demain ne meurt jamais" ?... "Meurs un autre jour"
??...Et même en remontant dans le temps : "On ne vit que deux fois" ???
On ne vit que deux fois.
(Alors que toutes les expériences en laboratoire démontrent le contraire !)
"Goldeneye",
encore, je veux bien : c'est (dans mon souvenir) le nom de l'arme
secrète qui sert de McGuffin au film. Mais "Tuer n'est pas jouer" ?
Et pourtant les
gens continuent à aller voir le dernier James Bond, l'air de rien,
comme si tout était parfaitement normal, et le lendemain, à la machine
à café, ils racontent à leurs collègues qu'ils sont allés voir le
dernier James Bond, mais si, euh, "Danse avec le risque de mourir".
Et personne ne réagit.
Moi ça me tue.
Bon, je sais ce
que vous attendez (public aimé). La suite de mon épopée à l'assaut
d'une vie rêvée. Est-ce qu'il va réussir à la monter, sa maison
d'édition ? Et ce blog serait le récit au jour le jour de la fabuleuse
aventure du
jeune-exalté-qui-se-lance-(au-risque-de-tout-perdre)-dans-l'entreprise-de-sa-vie.
Vous me suivriez au gré de mes joies (et de mes peines aussi – je ne
suis pas Superman), de mes progrès, de mes avancées, m'accompagnant pas
à pas dans cette aventure improbable (je commence à me demander si je
ne devrais pas proposer le concept à M6). Vous partageriez avec moi les
moments d'enthousiasme, et les périodes de découragement (après mon
rendez-vous avec les banquiers, par exemple), qui sait si émulés
peut-être par cet exemple vous ne vous lancerez pas à votre tour dans
un projet grandiose ! (Mais si vous faites du triolisme avant moi,
c'est vraiment pas du jeu.) Ce blog deviendra le guide de toute une
génération ! (je peux aussi donner les programmes télé si vous voulez).
Non, bon, aujourd'hui j'ai rien foutu.
Du coup, et
comme la vie me jouait ce soir ce joli tour de m'emmener une nouvelle
fois dîner chez mon ami A. (la garçonnière Orfèvrière, rappelez-vous,
"Illumination") - auquel il va falloir bientôt trouver un pseudonyme
parce que "A." c'est pas terrible – je me suis dit que ce qu'il me
fallait, c'était justement ça : une nouvelle Illumination. Une dernière
pour la route. La même ligne de métro (la ligne 4 – je le précise pour
mes futurs biographes), le même trajet, le même jour de la semaine,
j'ai même mis le même manteau.
Bon, déjà on est restés bloqués dix minutes à Denfert-Rochereau, c'était pas du tout comme ça la dernière fois.
Montparnasse-Bienvenüe, Saint-Sulpice, Odéon, rien.
Arrivé à la
station "Cité", j'ai voulu prendre l'ascenseur pour remonter à la
surface (pour ceux qui ne connaissent pas la station "Cité" – je ne
juge pas – l'escalier pour remonter à la surface est vraiment très
long. Et les deux ascenseurs sont entièrement automatiques,
c'est-à-dire qu'il n'y a pas de bouton, on rentre et on attend qu'il
démarre. Il y a un compteur électronique qui indique le nombre de
secondes avant le départ (40, je crois), puis un signal sonore
absolument terrifiant quand le compteur est arrivé à zéro, et puis on
monte. C'est absolument sordide.) Et là, quand je suis rentré dans
l'ascenseur, le compteur n'avait pas encore démarré et je me suis
retrouvé nez à nez avec un poivrot, qui disait très fort qu'il avait vu
une femme dans un wagon et qu'il allait la "tirer".
On se sent très seul, et vulnérable, dans ces cas-là.
(J'avoue avoir
hésité un moment à sortir et prendre les escaliers, en murmurant
quelque chose à propos de ces foutus ascenseurs qui ne démarrent pas et
de la France qui fout le camp (quoiqu'il aurait peut-être pris cette
dernière remarque pour lui et je n'avais absolument pas envie
d'affronter quelqu'un qui était visiblement très motivé pour "tirer".)
mais je décidai d'affronter cette épreuve stoïquement (il parlait
vraiment très fort et vous je sais pas, mais moi les gens qui parlent
tout seul ça me fait un peu peur) – surtout qu'après tout, c'était
peut-être l'occasion d'une nouvelle Illumination.
Et bien en fait non, non plus.
Le signal finit
par retentir, les portes se fermèrent et l'ascenseur décolla, et je
mesurai avec soulagement la diminution inexorable du laps de temps que
ce vieil illuminé (ironie du sort !) lubrique avait pour me sauter à la
gorge sans que je puisse appeler à l'aide.
Et puis joyeux dîner, comme d'habitude : plein de surprises, avec mon ami A. (c'est déjà ça)
12 janvier 2005
Grrmsssgjfdgrgrdmff
Libairté, j'écris ton nom !
(Anonyme)
Grrmsssgjfdgrgrdmff, donc.
C'est
à peu de choses près ce que j'ai dit ce matin, quand le réveil a sonné
avec 2 heures de retard et que j'ai ouvert un oeil injecté de sang.
On
n'a pas idée de sortir le mardi, c'est moi qui vous le dit. On n'a pas
idée de faire des open-bars non plus, c'est de la saloperie ce principe.
Ca
faisait longtemps, d'ailleurs, que je ne m'étais pas réveillé dans cet
état, sans avoir la moindre idée de comment j'avais bien pu réussir à
rentrer (je me souviens d'être sorti de la boîte, d'être allé retirer
de l'argent, là un blanc, puis je suis dans un taxi surgi de nulle
part, qui me dépose avenue du Général Leclerc, puis encore un blanc,
puis je suis dans mon lit et la dernière idée qui me traverse l'esprit
c'est que peut-être il faudrait que j'aille vomir). J'étais même tout
étonné ce matin d'avoir encore non seulement mon portefeuille et mon
mobile, mais même mon écharpe (alors que, sobre, je les égare sans
cesse). Et quand je dis que je les avais encore, je les avais vraiment
encore, c'est-à-dire que j'ai dormi avec. Ce qu'on appelle (dans notre
jargon de spécialistes) "la classe américaine".
Quelques
heures plus tôt (mais pas beaucoup), le DJ avait passé un morceau de
Nick Drake. Je ne savais pas qu'un moment pareil pouvait arriver : du
Nick Drake au Rex. Mais le moment qui avait décidé de cette soirée
était lui-même (brutalement) inattendu.
Retour
au réel (un réel où je me sens un peu vaseux), et à mon Illumination
(pour ceux qui suivent - et je sais qu'ils sont trois fois plus
nombreux depuis cet après-midi. C'est-à-dire qu'ils sont trois
maintenant.). Le secret de la réussite (tous les grands patrons vous le
diront), c'est l'or-ga-ni-sa-tion. Méthode et planification rigoureuse
sont les mamelles du jeune entrepreneur (ce qui explique que ces
gens-là soient rarement des rois de la fête*).
Procédons donc par
ordre : quel est mon objectif apparent ? Monter une maison d'édition.
(mon objectif réel, lui, est de m'adonner au triolisme. Mais les
psychanalystes comme les grands patrons vous diront qu'il vaut mieux
dans un premier temps concentrer son énergie sur l'objectif apparent).
Quelles sont mes compétences en la matière ? Nulles. Action numéro 1 :
se documenter. Je suis donc allé chez Gibert, d'où j'ai ramené "Les
métiers de l'édition" (éditions du Cercle de la Librairie) ainsi que
"Traité pratique d'édition - 3ème édition" (même éditeur), qui m'ont
l'air chacun d'offrir leur quota de précieuses informations pratiques.
Je suis ensuite passé chez Gibert Musique pour m'acheter l'album de
Coco Rosie (le jeune entrepreneur doit savoir se détendre de temps en
temps) mais ils ne l'avaient plus, "peut-être en fin de semaine".
Première expérience du genre de problème que devra affronter le jeune
entrepreneur avec ses fournisseurs, et des astuces qu'il devra savoir
trouver pour les résoudre ! (Je suis allé acheter l'album à la FNAC).
Demain, je vous présenterais peut-être les arguments qui, à mon sens,
plaident en faveur de la création d'une branche spécialisée dans la
littérature érotique au sein des éditions Partistare. Projet de premier
ouvrage : Anthologie des baisers saphiques dans la littérature des XIXème et XXème siècle. Avec plein de photos.
P.S. Un petit frisson ce soir en réécoutant The Partisan dans la
version de Sixteen Horsepower avec Bertrand Cantat. Frisson
supplémentaire en entendant ce dernier chanter, de son timbre sombre et
crépusculaire : "J'ai perdu femme et enfants / Mais j'ai tant d'amis /
J'ai la France entière."
(*
Message à Feuveu, mon ex-seul et unique fan, et que vous connaissez
bien maintenant (et dont il faudra quand même un jour que je vous
entretienne plus avant (vous allez voir, c'est gratiné.)) : get it ?
get it ?)
11 janvier 2005
Le coin des citations
Poète, crache ta purée.
(Alfred de Musset)
(C'est n'importe quoi, j'invente, c'est parce que j'ai trop bu.)
10 janvier 2005
L'Illumination (1)
(A la demande unanime de mon seul et unique fan - sois-en ici remercié, Feuveu* ! - reprise.)
Oui, bon, j'ai été un peu paresseux ces derniers temps,mais c'est pas
de ma faute, c'est parce que j'ai eu l'Illumination (Alors je voudrais
bien vous y voir, vous, d'abord, quand vous avez à gérer les
affaires courantes tout en ayant l'Illumination. C'est pas évident, il
faut s'organiser.)
En ce tout début d'année 2005, donc, j'ai eu l'Illumination.
En plus, j'ai eu l'Illumination à un de ces moments dans la vie où
on s'y attend le moins, un de ces moments où on pense pouvoir baisser
sa garde trente secondes, ne penser à rien, se laisser porter à
contempler le triste monde tout en fourrant ses doigts dans son nez
(avec l'assurance du voyageur qui sait qu'ici, loin de tout, de toutes
façons personne de sa connaissance ne viendra lui demander en arrivant
par derrière si l'on veut également utiliser ses doigts) : j'étais dans
le métro. Dans la ligne 4 qui m'emmenait vers la garçonnière Orfèvrière
de mon ami A pour un de ces dîners "entre hommes" que nous apprécions
tant, nous, les hommes (jusqu'ici tout se tient).
J'étais en train de ruminer pour la énième fois mon métier qui
m'emmerde, essayant vaguement du même coup d'imaginer ce que j'allais
bien pouvoir manigancer (ou ce que l'existence allait bien pouvoir
manigancer) pour m'en sortir (mais il ne faut pas trop compter sur
l'existence. Je veux dire : parfois ça marche, parfois il arrive des
choses auxquelles on ne s'attendait pas, et qui vous remettent sur les
rails, vous emmènent enfin vers la destination que vous aviez demandé
quand vous étiez tout petit... mais comme dit la blague de la mère qui
demande au Rabbin de prier pour son fils boxeur sur le point d'entrer
sur le ring : "s'il sait aussi cogner, ça peut aider.").
Alors, comme souvent dans ces cas-là, j'ai commencé à imaginer que
j'y étais, que j'y étais déjà, et qu'au lieu de passer mes journées
enfermé dans un bureau à m'occuper de projets plus barbants les uns que
les autres (je ne rentrerai pas dans les détails, mais sachez que ça a
un rapport avec les télécommunications - oui, je sais, on baîlle déjà),
je travaillais dans une maison d'édition. Que j'étais éditeur
(directeur éditorial, directeur de collection, ce genre-là). Que
je vivais de livres. Que je ne m'occupaisque de ça, que c'était mon métier.
Sauf que pour la première fois, quand je me suis vu arriver en
comité de lecture avec mes petites fiches de synthèse sous le bras
(échangeant au passage quelque remarque flirteuse avec Tania, la
dernière petite stagiaire arrivée pour l'été), quelque chose avait
changé par rapport aux fois précédentes. Je ne travaillais plus chez
Gallimard ou Grasset. C'était ma maison d'édition. C'était moi qui
avait organisé la réunion. Et on n'était peut-être pas très nombreux,
mais on était chez moi.
- Bon sang, mais c'est bien sûr !
Je
reçus la révélation tel Raymond Souplex cinq minutes avant la fin (sauf
qu'avec lui les passagers du métro ne se lèvent pas pour changer de
place en faisant entre eux des moulinets de l'index à la hauteur du
front). Bon sang mais c'est bien sûr, puisqu'on ne pouvait compter sur
personne, puisqu'il n'y avait aucune chance (avec les études que j'ai
faites, et l'expérience acquise depuis) que je finisse par réussir à me
faire embaucher chez un éditeur - et si cela arrivait, pour faire quoi
? lecteur-stagiaire ? -, alors pourquoi ne pas fonder, moi-même, ma
propre maison d'édition.
Une branche littérature générale, parce
que c'est ce que j'aime ; et une branche "beaux-livres", "essais",
"livres d'art" (je ne sais pas encore, excusez-moi, tout ça est arrivé
jeudi dernier !) afin d'assurer l'assise financière de la première.
Il faut me comprendre aussi : depuis toujours, je me disais que
créer et diriger une entreprise, quelle qu'elle fût, c'était pas pour
moi. Que j'étais entièrement en phase avec le principe de laisser
quelqu'un d'autre avoir l'énergie et l'envie pour se taper les
formalités administratives et financières, décider des grandes
orientations stratégiques, prendre en charge la partie commerciale
(s'il y a bien quelque chose que je déteste, c'est de devoir plaire aux
gens), assumer les risques, etc... - par contre, si cette même personne
cherchait quelqu'un à salarier confortablement et de préférence pour
une durée indeterminée (ou déterminée par mon degré d'endurance à
l'ennui du travail sus-cité), ça m'allait tout à fait. Et ce soir-là,
pour la première fois, je me suis dit : "Et pourquoi ça ?"
Pourquoi est-ce que je ne serais pas le genre à créer ma société ?
Si c'est pour faire ce que j'ai toujours envie de faire, mieux : ce que
je sais être parfait pour
faire ? (Tout ce processus mental était évidemment parocuru d'images de
moi traversant Saint-Germain des Près pour aller à des rendez-vous
importants, discutant avec des auteurs dans mon bureau, invitant Tania
à dîner pour me parler des derniers manuscrits qu'elle avait lus.
C'était vraiment un des meilleurs trajets en métro que j'avais jamais
vécus.)
Réfléchissons trente secondes : je n'ai pas la formation, je n'ai
aucune expérience dans le domaine ni de la création de société ni dans
celle de l'édition (mis à part le fait - ha, il était temps de le
placer - que j'ai publié un roman et deux nouvelles), je n'ai aucun
contact dans ce milieu-là, mes parents non plus, aucun piston, aucune
relation... Et quand bien même ! (en plus avec le terrifiant
gouvernement de droite qu'on a, mes amis, il a sans doute rarement été
aussi facile de monter sa boîte (comme on dit dans notre jargon de
spécialistes)).
(* voir notre publication à venir : "Avoir un fan : comment le gérer ? Que faire s'il s'incruste ?")
04 janvier 2005
Cette homme est dangereux

(Oui, d'ailleurs sur la photo ça se devine.)
Chi parla male, pensa male. E chi pensa male, vive male. Le parole sono importante !
Nanni Moretti, Palombella Rossa
J'ai lu quelque part, dans le classement rock de fin d'année d'un
journaliste (il me semble que c'était dans un de ces articles comme
sait nous en pondre l'inénarrable Chronicart - et si c'était pas eux,
c'est pas grave, ils sont inénarrables quand même), la proposition
suivante : "on se méfie de Devendra Banhart". Censée justifier pour le
moins lapidairement l'absence au palmarès d'au moins un des trois
albums sortis cet année par le nouveau et prolifique ténébreux hippie
folkeux.
Arrêtons-nous sur cette phrase un moment.
Pourquoi se méfierait-on de Devendra Banhart et de ses trois bluffants
albums ? A cause du caractère subit de son apparition, et de
l'enthousiasme unanime des commentateurs à son sujet ? Après tout, il y
a quelques années, un dénommé Baby Bird avait lui aussi explosé les
compteurs de la prodigalité pop en alignant cinq ou six albums en 24
mois, tout en annonçant fièrement en avoir déjà écrit 90 autres – et
non seulement on attend toujours, mais qui écoute encore aujourd'hui
ses vieux albums de Baby Bird ? Oui mais bon, est-ce que la probable
disparition tout aussi subite de Banhart (ou même la baisse de qualité
de ses productions) justifie à elle seule de balayer d'un revers de la
main des merveilles comme Will is my friend ou See Saw
? Non, ce doit être autre chose, il doit y avoir une autre raison de se
méfier de Devendra Banhart (ce sournois). On éliminera aussi l'idée
selon laquelle cette méfiance pourrait venir de la beauté physique de
l'individu et de la fascination qu'il exerce sur une gent féminine par
ailleurs nettement moins attirée par les critiques rock. Soyons sérieux
deux secondes (ce qui me fait penser, je ne sais pas pourquoi, à cette
phrase géniale de Monsieur Manatane : "La vraie beauté est intérieure,
mon cul oui ! C'est les moches qui disent ça.").
Non, il me semble que ce que le journaliste essaie de nous dire, ce
contre quoi il nous met en garde (et on ne peut que lui en être
reconnaissant - imaginez que ce soient vos enfants, les prochains à
écouter Devendra Banhart... on rigole moins, déjà.), c'est le génie. Le
génie d'un jeune folk-singer, qui met tout le monde par terre en
alignant tranquillement quarante pépites, tout seul avec sa guitare.
Certes on peut lui reprocher une approche plus classique que chez
CocoRosie (pour rester en 2004), moins empoisonnée que chez le Vic
Chesnutt du début, un style dont on peut prévoir déjà les limites
(quoique la chanson suivante vienne systématiquement annuler la
lassitude qui pointe), Certes on pourra trouver une certaine
roublardise, parfois, à l'interprétation (un côté trop sûr de son
talent - et il faut se méfier des gens qui ont du talent ; ils
n'arrêtent généralement pas de vous taper des cigarettes) mais cela
vaut-il pourtant le coup de se méfier
? Est-ce donc la preuve que dans quelques semaines, Devendra Banhart
tombera le masque et déclarera fièrement dans une interview : "Ha ha !
Je vous ai bien eu avec mes albums de folk tire-larmes ! Mon vrai nom
c'est O-zone !" ?
Ou alors.
Ou alors (mais c'est à nos risques et périls) on peut simplement écouter les disques, les
présumer aussi sincères qu'ils donnent l'impression de l'être, et se
laisser bercer par ces balades de loup au clair de lune. On peut se rappeler les heures passées à écouter en boucle Rejoicing the hands
(on est foutu) et le plaisir ressenti. Et on peut aussi rigoler en
imaginant le même journaliste, en 1961, nous mettant tout aussi
salutairement en garde (ce type mérite une médaille) : "On se méfie de
ces quatre garçons de Liverpool, avec leur coiffure grotesque".
03 janvier 2005
Deux jours et demi de bonne année
Et pour cette réflexion sur ce
qu'implique l'écriture de soi, nous essaierons de recourir à une
approche qui ne soit (idéalement) ni psychobiographique ni
textanalytique, même s'il nous arrivera nécessairement de rencontrer
ces méthodes.
Pierre Bayard, Il était deux fois Romain Gary (PUF)
(Bien entendu, le mot important est "idéalement". On va galérer.)
Hé ben voilà, la bonne année aura duré exactement deux jours et demi
(sur ce coup-là, j'aurais mauvaise grâce à me réjouir comme du
challenge remporté hier). Ce midi j'ai appris que le poste de chargé
d'édition au Musée du Louvre auquel j'avais (sans aucune vergogne,
n'ayant absolument pas la formation demandée) postulé juste avant les
vacances était déjà pourvu. Même si j'avais très peu de chances de le
décrocher, voilà une autre occasion d'échapper à la sordide condition
d'ingénieur-télécoms qui s'effondre, et ce avant que j'aie pu en rêver
éveillé ne serait-ce qu'une journée. Ca commence bien, 2005.
Hier soir, nous avons regardé le Zapping de l'année. C'est toujours
désespérant, le Zapping de l'année (et je ne pense pas en écrivant ça
aux consternants extraits de La Ferme Célébrités) : cette accumulation
brute d'horreurs, ces mensonges révélés par le montage, sans qu'aucun
commentaire ne vienne les accompagner, cette égrénation impitoyable de
violence et de mort - Atocha, Irak, Ossétie, et j'ai déjà oublié (une
deuxième fois) les autres - chaque année c'est pareil, chaque année ça
empire (mais est-ce que ça empire vraiment ?), et chaque année je me
fais cette même réflexion, "dans quel monde vit-on ?", et la seconde
d'après j'ai envie d'un nouveau disque. Dans le livre cité plus haut,
Pierre Bayard explique que les héros de Gary (je ne le savais pas, je
ne l'ai jamais lu. Vous voulez savoir quel genre de personnalité j'ai,
et bien voilà : je suis le genre de type qui lit des livres sur Romain
Gary sans avoir lu aucun de ses livres. Je fais aussi beaucoup ça
pour Proust.) "souffrent" souvent d'hypermnésie. Ils se
souviennent de tout, ils ne peuvent rien oublier. Ils sont capables de
réciter par coeur l'indicateur des chemins de fer. S'il fallait
rajouter une question au questionnaire de Proust, ce serait : "Quelle
maladie grave vous ferait le moins souffrir ?", et ma réponse ne serait
certainement pas l'hypermnésie.
(Allez : le priapisme. Cela dit, il paraît que ça fait très mal.)
02 janvier 2005
En 2005, écoute les L5 !
Bon, ben voilà, j'aurais au moins baisé une fois en 2005. (Il faut se
réjouir de ces petits challenges que la vie nous laisse remporter
quotidiennement.)
La journée du premier janvier est passée dans le ronronnement apaisant
du foie qui fait son travail (et qui le fait de plus en plus lentement,
avec le temps - vous avez remarqué ?). Je n'ai même pas été foutu de
reconnecter deux neurones pour envoyer des SMS de bonne année. Le seul
truc que j'ai trouvé (c'est triste à dire), c'est ça : "En 2005 écoute
les L5" (ce qui limite les destinataires potentiels). Autant pour le
sexe, je peux dire "ça, c'est fait", autant pour ce qui est de la
création littéraire, c'est déjà mal barré. Il va falloir prendre de
grandes résolutions.
Mes résolutions pour 2005 (fiction)
- regarder plein de films de Mankiewicz. Ca, c'est une bonne résolution, culturelle et tout et tout. L'aventure de Mme Muir (The ghost and Mrs Muir) est un de mes dix films préférés. En 2004, j'ai vu Eve (All about Eve) et Chaînes conjugales
(A letter to three wives), tous deux magnifiques. J'ai très envie de
découvrir Le limier (Sleuth) et j'en ai encore deux autres qui dorment
dans la DVDthèque. D'une manière générale, regarder moins de conneries
et plus de bons films. Côté cinéma, 2004 n'aura vraiment pas été une
grande année. En attendant un Depleschin qui, à moins d'une grosse
déception, a d'ores et déjà sa première place réservée et au chaud (du
point de vue des références, de l'ambition comme des réussites passées,
difficile de faire plus proche de moi que le cinéma de frère Arnaud),
je n'ai même pas réussi à faire un Top Ten valable des quelques
cinquantes films vus au cinéma cette année (cinquante : 2004 a
également été une de mes années les plus paresseuses en terme de sortie
en salle. Beaucoup de films ratés, de 2046 à Dodgeball)
Dans le désordre, donc, et pour donner une idée :
Les Indestructibles
Collateral
Le Village
Infernal Affairs
Kill Bill Volume 2
Lost In Translation
Spider-Man 2
Le Secret Des Poignards Volants
Vert Paradis
21 Grammes (et celui-là plutôt pour en trouver 10 que par réel inoubliable souvenir. Rois et Reine ne devrait avoir aucun mal à me le foutre dehors.)
- écrire (la grande affaire). Et pas seulement venir consigner trois
vagues punchlines habdomadaires ici, même si, après tout, il vaut mieux
bricoler au fond du jardin que se contenter de regarder l'herbe des
autres pousser.
- faire du sport. Ha ha ha ha ha ha ha, hi hi hi, houuuuuuu. C'est bon de rire.
- lire (beaucoup). Même si 2004, là, a été une bonne année. Lire encore
plus, alors. Quelques lectures à retenir des derniers mois : Paris ne finit jamais
d'Enrique Vila-Matas, cet auteur espagnol qui réussit un livre sur deux
(je sens déjà que je ne finirais pas Le voyage vertical, acheté
récemment), Ecrits fantômes de David Mitchell (impressionnant, même s'il tirait un peu à la ligne, parfois), Peut-on appliquer la littérature à la psychanalyse ? de Pierre Bayard (encore une réussite écrasante d'intelligence et d'analyse ludique), Le vaillant petit tailleur d'Eric Chevillard (qui est un génie), Europeana (une brève histoire du XXème siècle) de Patrik Ourednik (brillant et drôle, mon mélange préféré), L'homme-soeur de Patrick Lapeyre (dix ans après un Welcome to Paris de déjà conquise mémoire), Autofiction et autres mythomanies littéraires de Vincent Colonna (le genre d'essai que j'aimerais écrire), et quelques plaisirs mineurs comme la Vie et mort de la jeune fille blonde du toujours égal quoiqu'un peu paresseux Jaenada.
Question musique (car il y a également une question musique), 2004 aura
été une année particulière, celle où j'aurais arrêté de lire Les
Inrockuptibles, après près de quinze ans de bonne et loyale assiduité.
Quand Amélie a emménagé, j'ai même dû jeter toute ma collection, ne
gardant que quelques numéros spéciaux que je ne consulterais sans doute
jamais (mais même quand on coupe le cordon ombilical, il faut un peu de
temps avant que le dernier morceau ne tombe). Bref, ayant tourné le dos
(car il s'agit bien de ça : je n'ai pas arrêté d'acheter les Inrocks,
je me suis mis à boycotter les Inrocks. Et au vu des arnaques
commerciales pompeusement appelées "numéros hors-série" qu'ils ont
multipliées depuis, je commence à me demander si ce boycott n'est pas
ent rain de leur être fatal. Le consommateur ne se rend pas toujours
compte du pouvoir qu'il a. Tremble Coca-Cola, demain je me mets au
Pepsi !), et mes achats de disques ont donc été plus tâtonnants (il
faut admettre qu'il est difficile de s'y retrouver sans eux, et que la
plupart des grands disques de l'année sont tous passés entre leurs
pages). Je retiendrai Laura Veirs, The Libertines, Flotation Toy
Warning, Devendra Banhart (j'y reviendrai), Franz Ferdinand,
Electrelane et les Scissor Sisters.
- cesser de lire Yahoo People quinze fois par jour, ou de m'intéresser
à des histoires comme celles-ci :
http://www.fleshbot.com/porn/mystery+booty/ (lien fourni par François
V., à qui je conseille de prendre également cette résolution, ça
devient n'importe quoi).
- comme chaque année : changer de travail, ou tout au moins abandonner
celui-ci qui m'emmerde depuis un an, tenter de me rapprocher de ce qui
m'intéresse vraiment, un peu plus activement qu'en 2004.
Ca reste plus ou moins les mêmes résolutions que chaque année, il n'y a
que les titres qui changent. Je me demande si c'est parce que j'ai
inconsciemment décidé que mes centres d'intérêt (et donc mon âge d'une
certaine manière) ne changeront plus jamais (ça y est, je les ai
identifiés, ça c'est fait - et ça me permet en outre d'avoir les mêmes
discussions adolescentes, avec les mêmes amis. Ca fait seize ans que
j'ai seize ans.) ou si je suis le centre prisonnier d'un monde dont je
ferais bien d'ouvrir les fenêtres de temps en temps.