03 janvier 2005

Deux jours et demi de bonne année

Et pour cette réflexion sur ce qu'implique l'écriture de soi, nous essaierons de recourir à une approche qui ne soit (idéalement) ni psychobiographique ni textanalytique, même s'il nous arrivera nécessairement de rencontrer ces méthodes.
Pierre Bayard, Il était deux fois Romain Gary (PUF)

(Bien entendu, le mot important est "idéalement". On va galérer.)

Hé ben voilà, la bonne année aura duré exactement deux jours et demi (sur ce coup-là, j'aurais mauvaise grâce à me réjouir comme du challenge remporté hier). Ce midi j'ai appris que le poste de chargé d'édition au Musée du Louvre auquel j'avais (sans aucune vergogne, n'ayant absolument pas la formation demandée) postulé juste avant les vacances était déjà pourvu. Même si j'avais très peu de chances de le décrocher, voilà une autre occasion d'échapper à la sordide condition d'ingénieur-télécoms qui s'effondre, et ce avant que j'aie pu en rêver éveillé ne serait-ce qu'une journée. Ca commence bien, 2005.

Hier soir, nous avons regardé le Zapping de l'année. C'est toujours désespérant, le Zapping de l'année (et je ne pense pas en écrivant ça aux consternants extraits de La Ferme Célébrités) : cette accumulation brute d'horreurs, ces mensonges révélés par le montage, sans qu'aucun commentaire ne vienne les accompagner, cette égrénation impitoyable de violence et de mort - Atocha, Irak, Ossétie, et j'ai déjà oublié (une deuxième fois) les autres - chaque année c'est pareil, chaque année ça empire (mais est-ce que ça empire vraiment ?), et chaque année je me fais cette même réflexion, "dans quel monde vit-on ?", et la seconde d'après j'ai envie d'un nouveau disque. Dans le livre cité plus haut, Pierre Bayard explique que les héros de Gary (je ne le savais pas, je ne l'ai jamais lu. Vous voulez savoir quel genre de personnalité j'ai, et bien voilà : je suis le genre de type qui lit des livres sur Romain Gary sans avoir lu aucun de ses livres. Je fais aussi beaucoup ça pour  Proust.) "souffrent" souvent d'hypermnésie. Ils se souviennent de tout, ils ne peuvent rien oublier. Ils sont capables de réciter par coeur l'indicateur des chemins de fer. S'il fallait rajouter une question au questionnaire de Proust, ce serait : "Quelle maladie grave vous ferait le moins souffrir ?", et ma réponse ne serait certainement pas l'hypermnésie.

(Allez : le priapisme. Cela dit, il paraît que ça fait très mal.)

Posté par yossarian à 21:27 - Commentaires [1] - Permalien [#]


Commentaires sur Deux jours et demi de bonne année

  • Ma contribution

    Bite, couilles, poils

    Posté par Keyra, 04 janvier 2005 à 17:36 | | Répondre
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